Entretien avec Jean-Pierre NICOL
Entretien avec l’ancien skipper d’Ile de France
(vainqueur du Tour de France à la Voile 2006), actuellement deuxième au classement général provisoire. Photo © Jean-Marie Liot / TFV07
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Vos impressions sur ce début de Tour de France à la Voile ?
Globalement je suis content sur la régate, même s’il est vrai que j’avais pour objectif de partir en laissant le Spi Rouge Tetra Pak (accordé au leader du classement) à l’équipage d’Ile de France. Mais le bilan est plutôt positif malgré tout, sachant que notre équipage a été pas mal recomposé. Pendant ce début de régate, on a pu voir quels étaient vraiment nos adversaires. On comptait évidemment sur les Marseillais d’Elcimaï – Ville de Marseille (Dimitri Deruelle), mais actuellement ce sont les Toulonnais de Toulon Provence Méditerranée – COYCHyères (Fabien Henry) qui sont les plus dangereux. Par rapport au classement, je suis persuadé qu’on aura un final assez proche de celui de l’année dernière. Cela risque en effet d’être serré jusqu’au bout, car le niveau est très homogène, particulièrement chez les pros. Vous quittez l’épreuve aujourd’hui, quels sont vos projets ? Là je vais me reposer pendant dix jours pour attaquer mon nouveau challenge : la Solitaire Afflelou le Figaro, à bord de Les Gavottes. Je rêve depuis plusieurs années de faire de la course en solitaire. Cela sera l’occasion de voir si ça me plaît car c’est encore inconnu pour moi. Si ça marche, je n’exclus pas d’évoluer dans cette voie là, tout en gardant un œil sur l’équipage, car c’est là que j’ai fait mes gammes et j’y ai évidemment vécu des moments très forts, comme la victoire du Tour de France à la Voile en 2006. Même si je navigue en solo, on prendra toujours plaisir à gagner quelques manches ensembles ! Le Figaro est une très bonne école pour l’apprentissage de la course en solitaire, mais pour moi la voile reste un sport de glisse, un sport extrême. C’est pour ça que j’envisage de passer sur d’autres supports à long terme, pourquoi pas les 60 pieds. Quels objectifs sur la Solitaire Afflelou le Figaro ? Je vais essayer de m’exprimer sur le classement bizuth, et chercher le podium. Au niveau de la préparation, j’ai été admis sur dossier au Centre d’entraînement de Port-la-Forêt, ce qui m’a permis de m’entraîner avec des pointures comme Frédéric Duthil, Michel Desjoyeaux, Corentin Douguet… Sur la Solitaire, je vais retrouver Nicolas Lunven, Frédéric Rivet… qui sont d’anciens adversaires sur le Tour de France à la Voile ! Cela prouve que c’est une bonne école, ceux qui passent par là sont ensuite compétents pour aller se batailler sur d’autres circuits. Il emmène des coureurs qui sont familiers des parcours tactiques vers le large. Les ralliements donnent un avant goût de la course au large. La course au large, c’est donc cela la prochaine étape ? Cette année j’ai fait la route de l’équateur sur Matondo Congo, 27 jours en mer. Pour moi, cela a été un déclic, j’ai compris que je me sentais bien en mer. Cela m’a décomplexé sur certaines épreuves qui ne me paraissent plus aussi inaccessible à présent, comme le Vendée Globe… mais ça c’est pour plus tard, quand j’aurais bien fait mes armes en Figaro. Après, pourquoi ne pas aller m’essayer sur les 60’ ORMA, sur la Route du Rhum, ou bien la Transat Jacques Vabre… |
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